2009 Une lettre / Clément Laloy

Texte et mise en scène : Clément Laloy
Musique: Thomas Turine (Yamaha CP70 en acoustique)
Scénographie: Marilyne Grimmer
avec Fabienne Laumonier, Marie Meunier, Nathalie Rjewsky

 

Dans le texte Une lettre, le temps se dilate, s’est dilaté.

Trois femmes parlent d’une homme qui a disparu. Elles s’adressent à lui sans le nommer, sans lui donner un prénom. C’est comme s’il n’avait pas reçu de nom, jamais, ni de nom, ni de sexe, qu’il était resté virtuel, quelqu’un de virtuel.

Il y a d’abord la mère, la maman, celle qui se tient près de la mer, celle qui entre dans la mer, celle qui se baigne dans la mer. Elle entre dans la mer et laisse l’enfant sur la plage. L’enfant regarde sa mère entrer dans la mère. A la fin de la pièce, la mère sortira de la mer et viendra près de l’enfant, tout contre lui, pour le protéger, pour l’aimer.

Et puis, il y a deux femmes, Sophie et Annick.

Annick vit avec lui, c’est sa copine. Elle s’inquiète, il ne rentre pas. Elle sent qu’il s’éloigne d’elle.

Avant Annick, il sortait avec Sophie qu’il aime encore.

Annick et Sophie étaient deux amies mais quand il a quitté Sophie pour Annick, elles ont arrêté de se voir, de se parler. Quelque chose s’est brisé entre elles.

Elles se rencontrent beaucoup plus tard, dans une librairie. Elles se reconnaissent, se parlent. Annick apprend à Sophie que l’homme a disparu. Il a disparu, probablement dans la mer et il a laissé une étrange lettre où il parle de sa mère.

Toute la pièce raconte cette rencontre entre elles deux, Annick et Sophie, qui ont été amies et amoureuses de cet homme qui a disparu.

Une lettre a permis d’entrer dans la tête de ces deux femmes, en dilatant le temps de leur rencontre. Par cette percée dans leurs intimités féminines, dans leurs fantasmes, et dans leurs perceptions de la réalité, on s’est approché de lui, l’homme sans nom, “à la fois garçon et fille”.

Une lettre draine plusieurs thématiques qui s’entrecroisent, dans un enchâssement significatif: l’amitié entre femmes, les relations amoureuses, le fantasme nostalgique et le quotidien du couple, la relation intime et éternelle avec la mère, le rapport à la mort et le suicide, la construction de l’identité.

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